In Loud We Trust

Certains d’entre vous se souviennent peut-être d’un petit jeu qui a sévi ce printemps sur tous les murs Facebook… Un nom de groupe, une impression, un avis (ou pas). Ici, Richard Royce (chant, guitare EL ROYCE) se prête au jeu du ping-pong, entre souvenirs, références, influences et pensées existentielles. Attention, avalanche de name-dropping de A à Z.

A – AC/DC ou ABBA :
Choix cornélien… Évidemment, AC/DC c’est LA grosse référence. Mon premier riff de guitare appris c’était « The Jack ». Malcolm Young, c’est le patron (sur l’album « WYSIWYG » de EL ROYCE, on a une chanson qui porte son nom). Et pour les coupeurs de cheveux en quatre, il est parfois bon de rappeler que « Back in Black » est l’album le plus vendu par un groupe, situé en deuxième derrière « Thriller ». Ça calme… Maintenant, ABBA ça permet aussi d’évoquer la théorie du « syndrome Minitel » dans le business musical en France. Il faut savoir qu’à la grande époque, avec Volvo, ABBA contribuaient très largement au PIB de la Suède. Il est difficile d’imaginer une telle razzia en chantant dans leur langue natale. Maintenant, ramenons le débat chez nous. Je n’ai rien contre la chanson française, mais on passe des lois pour défendre la francophonie et final on se retrouve avec Mylène Farmer ou Lorie à la radio… Si tu joues du Rock et que tu ne chantes pas en français, il est quasiment impossible d’avoir un peu de visibilité (sauf dans les radios associatives, fanzines ou webzines, merci à eux). Si Gojira étaient allemands ou finlandais, ils seraient considérés comme des héros, ici non. Il y a plein de très bons groupes en France, certains pourraient même très bien s’exporter.

B – Beatles ou Black Sabbath :
Au risque de me faire lyncher, je n’ai creusé (et apprécié) les premiers Black Sabbath que sur le tard. Gamin, je les ai découverts avec le titre « Heaven And Hell » sur la BO du film « Heavy Metal » avec Dio au chant. Du coup, en comparaison, les premiers albums me semblaient manquer un peu de brio. En revanche, j’ai toujours été un grand fan de la carrière d’Ozzy en solo. Sinon, les Beatles c’est une très grosse référence, j’ai grandi avec. Je n’aime pas vraiment leur période psyché, mais leurs titres pop sont des bijoux de concision et d’efficacité. Dans l’écriture, je reste attaché au format « chanson ». J’assume totalement mon côté pop. Pop et Heavy. En fait, peut-être le chaînon manquant entre les Beatles et Black Sabbath…

C – Chears ou Clash :
Ça c’est du dossier ! Bon, on va faire court sur les Clash. Joe Strummer était sûrement un bon mec (paix à son âme), mais la musique du groupe me passe au-dessus de la tête. Sûrement trop alternos-alter-mondialiste pour moi. Bon Chears, évidemment personne ne connaît… c’était un groupe Hair-Metal / Hard US dans lequel je chantais avec Steff (basse) à la fin des années 80. C’est marrant, parce que le groupe n’a duré que quatre ans et il y a encore des gens pour m’en parler plus de 20 ans après… A l’époque, on était en discussion avec Pascal Nègre quand il était PdG de Barclay. On a préféré lui dire non, plutôt que de renoncer à tout ce qu’on était. On a gardé de cette expérience une certaine méfiance vis-à-vis du big business.
Chears

D – Divine Furia ou Dean Martin :
Du gros dossier (bis) ! Divine Furia c’est le groupe qu’on a monté en 1992 avec Steff et le batteur de Chears après le split du groupe. Beaucoup de potentiel. Malheureusement, trop d’instabilité et une durée de vie assez brève. Avec le recul, je pense que la musique développée avec Divine Furia n’était pas si éloignée que ça de EL ROYCE. Quant à Dino, ça va sûrement surprendre, mais je suis un fan inconditionnel. J’aime beaucoup également Sinatra et tout le trip Rat Pack. Dean Martin reste celui qui a la plus belle voix, mais Sinatra avait de super bons titres. Mon rêve serait de jouer à Vegas avec un big band. C’est mon côté crooner…

E – EV ou EL ROYCE :
C’est plutôt une question à poser à Tof (batterie)… EV était un groupe de Rock Celto-Finnois basé chez nous, à Nantes. Grosse référence en Bretagne et dans le genre. Grosse présence scénique. Des mecs super avec qui on avait joué plusieurs fois avec Chears. Tof qui est originaire de Lorraine, les a rejoint en 1998 après le décès de leur batteur. Puis en 2007, il a intégré Merzhin, également groupe de Rock bretonnant. Depuis 2009, il joue toujours avec Les Caméléons (en autres). Tof a rejoint les rangs de EL ROYCE en septembre 2012.

F – Foo Fighters ou Foreigner :
A une époque, l’étiquette Foo Fighters a souvent été collée à EL ROYCE. Ça peut sembler flatteur (ou pas) mais ça n’a jamais été voulu. Ce qui est drôle, c’est que même si j’aime bien le groupe, je n’ai qu’un seul disque d’eux. C’est un best of, acheté en solde bien après sa sortie… Au passage, j’aimerais dire que Dave Grohl est un type plutôt énervant. C’est un bon batteur, bon guitariste, bon chanteur, bon compositeur. Il a l’air sympa et cultivé. Il est sûrement pété de thunes. Et en plus, il s’embellit avec l’âge. Sacré enfoiré ! De Foreigner, je ne connais que l’album « 4 ». C’est un mètre-étalon en termes de production. Contrairement à pas mal de truc des années 80, ça a bien supporté les années. Gamin en colo, il y avait un pote dans notre piaule qui nous bassinait chaque soir pour nous mettre l’album. C’était ça ou du Goldman… Donc le Foreigner 4, je le connais presque par cœur.

G – Guns’n’Roses ou Gaga (Lady) :
C’est une spéciale diva ou quoi ? Heu, Gaga je passe mon tour. Quoiqu’on peut pas lui enlever ce génie marketing qui consiste à faire du Madonna à la place de Madonna, tout en faisant passer Madonna pour une vieille peau has-been. Pour GNR, je serai plus nuancé. « Apetite For Destruction » a été la bouffée d’oxygène de la fin des années 80. Le maxi « Lies » était vraiment super frais. Même si après coup, on découvre que les morceaux « live » ont été faits en studio et que la foule en délire, c’était du gros fake pour faire mousser la réputation du groupe… Finalement, le titre était très bien trouvé. J’ai adoré ces deux disques. Après ça, le gros truc avec le double « Use Your Illusion » c’est devenu un poil too much. La production est boursouflée, avec des partis pris au niveau du son de guitare difficilement écoutables aujourd’hui. Les clips sont totalement mégalo… Bref, l’histoire nous a montré que c’était peut-être le début de la fin. Et puis la suite, c’est devenu complètement délirant et donc j’ai lâché l’affaire. Ce qui est marrant, c’est qu’on devait faire une date à Nantes avec Ron Thal (Bumblefoot) et en fait, c’est tombé à l’eau puisqu’il a rejoint Guns’n’Roses.

H – Hendrix (Jimi) ou Helloween :
Soyons clair, Helloween représente très exactement tout ce que je n’aime pas dans le Power Metal allemand speed mélodique. Dans ma folle jeunesse, j’ai bien dû remuer du croupion une fois ou deux sur « I Want Out » mais après ça, c’est définitivement pas ma came. Et puis ça sort d’où ces noms de groupes… Le curé de Gamma Ray, il a quoi déjà ? Hendrix, là c’est une autre paire de manches… c’est l’un des déclencheurs. Tout gamin, j’ai vu un reportage sur son passage à Monterey. Franchement, le coup de la guitare barbecue, ça m’a totalement scotché. Je ne suis plus vraiment sûr, mais je crois que c’était une émission sur les gars un peu extrêmes sur scène. Il y avait aussi Alice Cooper et son boa. Ma mère a dit « Quelle horreur » et moi j’ai pensé très fort « Cool… Maintenant je sais ce que je vais faire de ma vie »…

Jimi-hendrix-guitar-on-fire-monterey-live

I – Iron Maiden ou Iggy Pop :
Quand j’ai commencé la musique, le pote avec qui je jouais était bassiste… Donc, difficile d’échapper à la cavalcade Maidenienne à cette époque-là. J’aime beaucoup les deux premiers. J’ai totalement lâché l’affaire avec « Seventh Son of a Seventh Son ». Pour l’anecdote, quand j’ai lu le nom du groupe pour la première fois, j’ai mal interprété la lettre en forme de pyramide. Du coup, la « vierge d’Iran » c’était encore plus mystérieux… Iggy Pop, gros respect pour le bonhomme. Je ne connais que deux évangiles. Celui de St John (Lennon), qui a dit qu’un bon morceau doit être composé en moins de 15 minutes. Et celui de St Iggy, qui dit qu’une bonne chanson ne doit pas comporter plus de 30 mots… J’adore les grands classiques des Stooges, Ils avaient carrément une grosse longueur d’avance sur l’histoire du Rock (avec aussi le MC5). Maintenant, j’aimerais bien revoir Iggy sur scène avec The Trolls ou d’autres mecs un peu moins, comment dire… ou un peu plus, quoi.

J – Judas Priest ou Jon Bon Jovi :
Juste une précision, ce n’est parce que j’ai joué dans un groupe à tignasse à une époque lointaine que je kiffe plus que ça Bon Jovi. Que ce soit dit. A part la chanson « Runaway », les albums « Slippery », « New Jersey » et le disque solo « Blaze of Glory » qui est très bien, c’est quelque chose que j’ai rarement réécouté depuis… Judas Priest, comme tout le monde, je connais les gros classiques. Gamin, j’ai toujours été hypnotisé par la pochette de « British Steel ». Je les ai vus au Hellfest. J’avais un peu surévalué mes attentes. C’était bien, mais pas la grosse claque non plus.

K – KISS ou Kreator :
Haha. KISS, ça aussi c’est l’un des déclencheurs. Quand tout jeune tu vois des extraits live à la télé ou des photos de leurs shows, fatalement, il te vient l’envie de faire ne serait-ce que 10% du même job. Après, il y a toujours eu un décalage entre l’image qu’ils renvoyaient et la musique qu’on pouvait entendre d’eux. Faut dire que le premier disque qu’on m’ait prêté c’était « Hotter Than Hell » et après c’était « Unmasked »… Pas franchement des bombes. J’ai mis des années à comprendre que « I Was Made For Loving You » c’était un titre de KISS. Maintenant les gens pensent que c’est une chanson des Enfoirés… Kreator, ça m’est complètement passé à côté. J’en ai peut-être entendu, ou pas. Depuis cette époque, j’ai toujours fui tous les groupes avec des noms finissant en « or ».

KISS Alive 35

L – Led Zeppelin ou Lizzy (Thin) :
Je ne suis pas un spécialiste de Thin Lizzy. Comme pas mal de monde, je connais mieux leur logo de que leur musique…mon titre préféré reste « China Town ». Quand on a joué avec George Lynch, on a repris avec lui « Jailbreak ». Je connaissais surtout la reprise par Fu Manchu plutôt que l’original. Quelques heures avant de monter sur scène, j’apprenais encore les textes… J’ai une relation particulière avec Led Zep. Au collège, il y avait les partisans d’un Hard Rock plus moderne, dont je faisais partie. Et les néo-babas, qui étaient restés scotchés aux trucs des années 70. On s’opposait gentiment, mais quand même. Du coup, j’ai redécouvert le Zeppelin plus tard. Et sincèrement, c’est un groupe monstrueux. C’est le pilier fondateur. Rythmiquement, c’est un vrai feu d’artifice et la production a bien tenu le choc. Malgré tout, ça fait toujours bizarre d’apprendre que certains de leurs gros titres ont été gentiment empruntés à d’autres. C’est un peu comme le truc de la main de Dieu ou la tête de Maradona.

M – Motorhead ou Metallica :
J’ai débarqué au lycée avec un gros patch Motorhead dans le dos de ma veste en jean. Les types me regardaient bizarrement. « Putain mec, Motorhead ils sont graves, c’est hyper-violent »… Haha. La bonne blague. Même encore maintenant, je ne suis pas sûr que tout le monde ait capté que Motorhead, c’est juste du Blues survitaminé, du Zz Top sous amphétamine (dont ils ont d’ailleurs repris « Beer Drinkers »). J’adore ce groupe. Lemmy a un super sens de l’humour. Ils ont toujours su rester proches de leur public, c’est ça le secret de leur longévité. Metallica je les ai découverts avec le titre « Metal Militia ». Il y avait sur Nantes une super émission de radio présentée par Renaud de Montbas. J’ai découvert plein de trucs, ça m’a ouvert d’autres horizons. Après j’ai enchaîné avec « Ride The Lighting », que j’affectionne toujours autant. Après, j’ai suivi ça de loin. J’y suis revenu avec le fameux « Black Album » qui est une référence absolue. Sans se trahir, ils ont réussi à condenser l’esprit du groupe avec des titres plus concis. Au passage, le maxi de Newsted est vraiment excellent.

N – Nirvana ou Nine Inch Nails :
Je fais partie des millions de gus qui ont acheté « Nevermind » dès sa sortie. Si j’avais su que ça allait remplir les poches des dealers du couple Cobain / Love… J’ai été vraiment choqué d’apprendre le suicide de Cobain. Tout de suite, ce que j’ai particulièrement aimé avec Nirvana, c’est que ça brassait plein d’influences que j’avais et qui étaient à priori inconciliables : le Hard-Rock, la Pop, le Punk. Dans le genre également, j’aime beaucoup le premier album de Sugar avec Bob Mould, qui en fait avait tracé la voie pour Nirvana, avec son premier groupe Hüsker Dü… Je n’ai rien contre la bidouille avec des machins électronique, mais sincèrement, Nine Ninch Nails je n’ai jamais vraiment creusé. La seule chanson que je connaisse vraiment, c’est la reprise de « Hurt » par Johnny Cash.

O – Ozzy Osbourne ou Osmonds Brothers :
Bon, je fais rapide avec les frangins Osmonds, dont le seul titre que je connaisse (comme un peu tout le monde je crois) est « Crazy Horses ». J’ai une théorie personnelle farfelue à ce sujet. Ce titre est sorti en 1972 et je pense qu’il a complètement influencé la façon de chanter de James Hetfield. Il faut réécouter attentivement la façon dont Jay Osmond (celui qui a la voix grave) chante ce titre… Sinon, je suis un fan inconditionnel du Prince Of Darkness. Un sacré bonhomme. Pourtant, il a une voix tellement particulière. Son départ de Black Sabbath aurait pu être critique. Je trouve que la musique qu’il a développé avec Randy Roads est une très bonne synthèse du Heavy classique à l’Européenne et de la grosse efficacité à l’Américaine. Il a toujours su très bien s’entourer. Sa femme est sûrement  un sacré manager. Ses balades ont toujours un côté cheesy, limite hors de propos. Mais on lui pardonne, sa discographie parle pour lui. Sur scène c’est quelqu’un qui reste proche de son public et c’est pour ça qu’on l’aime.

P – Pantera ou Prong :
Les deux mon capitaine ! J’apprécie tout particulièrement ces deux groupes pour leurs riffs massifs et leur façon de groover. Même si Prong a un côté plus martial. « Vulgar Display » et « Far Beyond Driven » sont deux classiques incontournables, tout comme « Cleansing ». J’écoute régulièrement ces disques. Le parcours d’Anselmo est intéressant, un sacré personnage. Down a aussi son lot de grands classiques. Le dernier Prong tient tout à fait la route et sur scène ils assurent grave. Ce qui n’est pas si facile en trio. Sinon, Pantera est la preuve qu’on peut avoir eu à une époque un look pour le moins discutable et ensuite devenir le groupe le plus cool de la Terre…

Pantera Glam

Q – Queen ou Queen Of The Stone Age :
Ma plus jeune tante m’avait refilé l’album « News Of The World ». Après coup, je trouve la pochette absolument hideuse. Mais dessus, il y avait les fameux « We Will Rock You » et « We Are the Champions ». Au final, je ne sais pas quoi penser de Queen. Un groupe baroque, un peu pompeux, capable des plus grands hits, comme des trucs les plus insupportables. Avec QOTSA, le problème c’est qu’à un moment donné, on en a bouffé à toutes les sauces. On nous les as tellement survendus, un peu comme les Eagles Of Death Metal d’ailleurs. Juste par esprit de contradiction, c’est le genre de groupe dont tu n’as absolument pas ou plus envie d’écouter. J’avais suivi Kyuss et après les « Desert Sessions ». C’est le genre de truc qui me branche plutôt bien. Même si dans une veine similaire à la même époque, je préfère Fu Manchu et Monster Magnet. L’album « Songs For The Deaf » est vraiment très bien. Mais bon, on a un peut l’impression que QOTSA est le groupe de Rock favori de Télérama…

R – Ramones ou Rainbow :
Ronnie James Dio est l’un de mes chanteurs préférés. Peut-être parce que quand j’étais gamin, dès que la télé française avait cinq minutes à combler ils diffusaient la vidéo « Love Is All (Butterfly Ball) ». Évidemment, à l’époque j’étais plus Playmobil que ampli Marshall… Ce n’est que bien plus tard que j’ai découvert que c’était un titre de Roger Glover chanté par Dio. Quand j’ai entendu pour la première fois Rainbow, ça faisait bien longtemps que Dio n’y était plus. Tout ce que je peux dire, c’est que Yngwie Malmsteen leur a tout piqué… Ce que j’aime chez les Ramones, c’est leur façon de pervertir des mélodies bubblegum 60’s pour faire un truc séditieux. Leur formule était absolument imparable. Leur carrière est truffée de grands classiques. « Poison Heart » et « Pet Semetery » sont mes titres favoris des faux frères.

S – Soundgarden ou Slayer :
Je plaide coupable : je suis totalement passé à côté de Slayer. J’ai maté plusieurs fois le DVD du Big Four et ça m’a juste conforté dans tout le bien que je pensais d’Anthrax… Le « Badmotorfinger » de Soundgarden est pour moi un album de référence, presque un album de chevet. Il y a tout ce que j’aime : la lourdeur de Black Sabbath, la fougue de Led Zeppelin et quelle voix ! Il est dommage que « King Animal » n’ait pas eu autant de saveur. En comparaison, les derniers disques d’Alice In Chains n’ont rien à envier à « Dirt », qui est aussi un autre disque de référence.

T – Therapy ou Trust :
Bah Trust, quoi. Impossible d’avoir grandi en France et être un headbanger, sans avoir écouté en boucle leurs trois premiers albums. Ils avaient le son, les compositions et un style bien à eux. Anthrax joue « Antisocial » depuis des années sur toutes les scènes du globe et à chaque fois, c’est le délire. C’est assez hallucinant quand on y pense… Therapy représente tout ce pourquoi je suis resté scotché à l’esprit des années 90. J’adore ce groupe. Ces années-là ont été l’occasion d’une certaine libéralisation musicale, d’un métissage. Les crossovers fusaient de partout. Les groupes semblaient se foutre des étiquettes. Dans un genre différent, Faith No More représente carrément l’esprit de cette époque. Eux aussi ont pas mal compté.

U – Uzy ou U2 :
Haha. Encore du déterrage de dossier… Uzy, c’est un groupe que j’ai monté en 1996 avec le dernier batteur de Divine Furia. C’était un duo Metal-Electro : batterie, guitare-chant et machine. Le groupe a duré quelques années. On a eu de bonnes chroniques ici ou là. Sinon, on a toujours été plus ou moins considérés comme un OVNI… Bon bah, U2, c’est comme Coldplay ou Muse, difficile d’y échapper à moins de vivre au fond d’une grotte. Cela dit, je trouve que d’un point de vue musical, The Edge a su développer un son de guitare et un style très personnel, assez inimitable.

V – Van Halen ou Venom :
Ah Venom, toute une époque… C’était tellement nouveau, tellement too much. On a tous marché dedans, avec les deux pieds. Je me rappelle avoir à la même période, fait un voyage en train assis en face d’un curé en soutane, pendant que je lisais Enfer Magazine… Van Halen c’est LE groupe. L’un des seuls pour lequel j’ai une grande partie de la discographie en vinyle et en CD. Évidemment, je suis un inconditionnel de l’époque David Lee Roth et un peu moins de celle Van Hagar, qui au final me semble désormais très datée années 80. En bon fan qui se respecte, j’ai eu l’occasion de jeter une oreille sur les démos pré Van Halen I. J’ai été surpris pour le moins d’en entendre plusieurs titres sur le dernier « A Different Kind of Truth ». Soit les gars ont de la suite dans les idées, soit ce sont de grosses feignasses… Pour tous ceux qui sont restés sur une image un peu erronée de Van Halen, je leur conseille d’écouter sur leur troisième album la paire hallucinante « Tora Tora / Loss Of Control » qui est à la fois une sorte d’hommage à Black Sabbath (dont ils étaient assez fans) et un titre pré-Grind Core, façon chemise hawaïenne.

W – Wild West ou Who (The) :
Wild West était un groupe de Hard / Heavy Rock de Nantes. Lolo (guitare) les a rejoint après avoir monté Poxy Docs, puis fait parti du Rudy Roberts Band. Depuis il a monté Tribute en 2004, un trio de reprises acoustiques de standards Rock et Metal. Ils sont vraiment excellents ! Lolo a rejoint EL ROYCE en septembre 2009. C’est à partir de ce moment-là que le groupe est devenu un quatuor… J’ai commencé à apprécier les Who sur le tard, même si ne suis pas un grand spécialiste. J’aime beaucoup la voix de Roger Daltrey, surtout dans leur deuxième partie de carrière. Je pense que le son et le jeu de John Entwistle ont influencé pas mal de bassistes, à commencer par Billy Sheehan et peut-être même Lemmy. En revanche, je n’ai jamais aimé le jeu de Keith Moon, ce type donnait l’impression d’être payé au roulement de toms… Et puis, selon la légende, c’est grâce à Pete Townshend que les amplis Marshall sont devenus si populaires.

X – X (King’s) ou XTC :
De l’avis général et je suis totalement d’accord, King’s X est sans doute le groupe le plus mésestimé de l’Histoire du Rock. Ces types avaient tout : le gros son, les compositions, un gros niveau technique et un style bien à eux. Le titre « Cigarettes » par exemple, a vraiment une justesse d’écriture, toujours assez émouvante. Je crois qu’il ont malheureusement bénéficié du mauvais timing. Dans le même genre, j’avais vraiment adoré le premier album des Galactic Cowboys. Eux aussi, ont été des victimes du raz-de-marée Grunge… De XTC, je ne connais en fait que « Making Plans for Nigel » qu’on avait repris dans un arrangement un peu différent aux débuts de EL ROYCE. Dans un autre genre, j’aime bien la version qu’en a faite Nouvelle Vague. La plupart des gens ne comprennent pas comment je peux apprécier la Bossa Nova. Généralement, au bout de dix minutes, on me demande de couper cette musique d’ascenseur… En tant que guitariste, la Bossa c’est une sacré challenge, ce n’est vraiment pas facile à jouer.

Y – Young (Neil) ou Young Gods :
Ça peut sembler étonnant, mais je suis un grand fan de Folk Music. L’album « Harvest » de Neil Young fait partie de mes disques de chevet. Du reste, ça fait des années que je ne joue pratiquement plus en électrique, sauf avec le groupe. Si un titre arrive déjà à sonner avec juste une voix et une guitare, ça veux dire que tu tiens vraiment quelque chose. On a fait quelques concerts en acoustique avec EL ROYCE, c’était vraiment très plaisant… Quand on m’a parlé des Young Gods pour la première fois, j’étais assez dubitatif. Comment un groupe de gros Rock peut-il ne pas avoir de guitare ? J’ai été franchement bluffé. Évidemment, leurs samples reprennent des boucles de guitares… C’était techniquement très en avance, ce n’est pas si facile de jouer live avec des machines. Avec Treponem Pal, ça fait partie des groupes qui m’ont bien branché à une époque.

Z – Zz Top ou Zombie (Rob) :
J’aime bien le délire de Rob Zombie. La façon qu’il a de promouvoir la Culture Bis, notamment en tant que réalisateur. J’affectionne tout particulièrement les films de genre, même si je ne suis pas un grand spécialiste. Maintenant, au niveau musique, il me manque un truc pour que ses disques me fassent grimper au rideau. Je trouve qu’avec Manson, ils ont un peu essayé de piquer le business d’Alice Cooper sur le terrain de l’Horror Rock, mais je préfère encore le vieux Alice. Je crois tout simplement qu’il a de meilleures chansons. J’aime vraiment Zz Top. Ces mecs sont des machines. C’est d’ailleurs ce que je peux leur reprocher sur scène. Tout semble être calé au millimètre-poil. Ça semble manquer un peu de spontanéité et de chaleur avec le public. Je les ai vu sur la tournée « Recycler » il y a plus de vingt ans. Le show était monstrueux. Billy Gibbons est vraiment un guitariste fabuleux. Et puis le virage opéré avec « Eliminator » c’était vachement culotté, surtout venant de la part d’un groupe de Blues Rock un peu péquenot.

Le Mot de la fin :
Tellement de groupes et seulement 26 lettres… C’est un peu comme au Scrabble, on galère avec le X ou le Y, mais certaines lettres auraient mérité de pouvoir être plus garnies. Quand on joue de la musique, on est un peu comme une éponge. Parfois, un son, une harmonie, un break ou peut-être même une attitude, rejailli sur notre travail. La musique c’est aussi tout ce qu’il y a autour, la vie qui va avec. Finalement, tout ceci est très subjectif. Il faut rester curieux. La vérité est ailleurs : avec les petits concerts de proximité, les labels indépendants ou les groupes en autoproduction. Internet c’est bien, mais, il ne faut pas oublier de sortir. Il y a tellement de trucs bien. Parfois, en bas de chez soi.

 

Richard Royce (Juillet 2013)